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Madeleine Smith-Champion (1864-1940)

Madeleine Smith nait à Paris le 18 novembre 1864. Son père, Jules Smith, greffier au tribunal civil de première instance du département de la Seine, descend d’une famille d’origine anglaise implantée en France depuis le milieu du 18ème siècle. Sa mère, Léontine Lesouef, fait partie d’une famille aisée de négociants en métaux précieux. Madeleine a une sœur ainée, Jeanne, née en 1857. La famille vit entre la rue Michelet à Paris (5ème) et la propriété de Nogent au 14, rue Charles VII, l’actuelle Maison des artistes, que Jules a achetée en 1860 et que les Smith ne vont cesser d’agrandir par des achats successifs. Jules meurt prématurément en 1868. Au cours de la guerre de 1870, Léontine fuit Paris avec ses deux filles pour se réfugier dans l’Ouest de la France puis à Bordeaux. Les enfants sont élevées par des gouvernantes et des bonnes anglaises. Très tôt, avec leur mère, Jeanne et Madeleine entreprennent de nombreuses excursions en France et à l’étranger. Elles garderont ce goût leur vie durant. En 1887, Madeleine commence à peindre. Elle intègre l’atelier de Jean-Jacques Henner, l’un des rares artistes à enseigner à des femmes qui, à l’occasion, lui servent de modèles. Madeleine expose à partir de 1889 au Salon de la société des artistes français. Elle recevra la médaille de bronze en 1891 pour sa Jeanne d’Arc. En 1894, Léontine Smith fait l’acquisition du 16, rue Charles VII. Les deux propriétés contigües sont réunies. Madeleine expose régulièrement au Salon de la Société des artistes français. A l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900, Madeleine présente plusieurs œuvres. Un projet de mariage entre Madeleine et Jean-Jacques Henner s’esquisse à cette époque qui sera interrompu par la maladie puis le décès de Henner en 1904. Dans le même temps, Pierre Champion, fils de l’éditeur Honoré Champion, commence l’inventaire des collections de l’oncle maternel de Jeanne et Madeleine, Auguste Lesouef qui mourra en 1906 léguant à sa sœur et à ses nièces l’ensemble de ses collections. En 1907, Madeleine épouse à 47 ans, Pierre Champion, âgé de 27 ans. Le mariage est célébré en l’église Saint-Saturnin de Nogent en présence de nombreuses personnalités dont Anatole France, les frères Tharaud, Pierre Louÿs, la duchesse de La Rochefoucauld-Bisaccia. En, 1908, la famille Smith s’oppose au projet de boulevard qui doit traverser le parc de la propriété de Nogent. En s’appuyant sur le souvenir du peintre Watteau qui y aurait vécu ses derniers mois, elle réussit à écarter le danger et obtient le classement du parc. En 1909, Mme Smith mère meurt, Madeleine et Pierre Champion s’installent au 16, rue Charles VII. Jeanne occupe de son côté, la maison du 14, rue Charles VII. Les années suivantes s’écoulent entre voyages (Italie, Grèce, Turquie, Tunisie, Algérie) et expositions annuelles dans les principaux salons. Lorsque la guerre éclate en 1914, Pierre part au front. Madeleine secondée, par sa sœur, ouvre l’hôpital militaire auxiliaire n° 73 à Nogent. Avec une équipe de médecins, d’infirmières et le personnel de la maison, elles accueilleront jusqu’à 70 blessés ou gazés. Raymond Poincaré, président de la République, visite les installations le 1er avril 1916. Dans le même temps, Madeleine dirige la construction, entre les deux maisons du 14 et du 16, rue Charles VII, d’un bâtiment-bibliothèque destiné à accueillir l’ensemble des collections de l’oncle Lesouef. Madeleine est décorée de la Légion d’honneur en 1920 pour son action pendant la guerre et reprend son activité de peintre. Pierre Champion est depuis 1919, maire de Nogent-sur-Marne. Madeleine délaisse les scènes de genre et se consacre aux portraits et aux nus de femmes qui seront chaque année exposés au Salon jusqu’en 1939. Elle peint par ailleurs, sans relâche des études du parc qui ne seront pas montrées. En 1937, Madeleine Smith institue l’Etat français, légataire universel. Elle s’éteint le 18 avril 1940 et est enterrée dans la sépulture familiale du Père Lachaise. Son époux, Pierre Champion organisera à Nogent une rétrospective de son œuvre où seront présentées 120 toiles.