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Bernard Anthonioz (1921-1994)

Initiateur de la création de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques en 1976, Bernard Anthonioz a consacré sa vie entière au service des artistes et au développement de la création contemporaine dans le domaine des arts plastiques.
Né à Genève, il poursuivra des études de lettres à Lyon au début de deuxième conflit mondial. Avec Albert Béguin, son ancien professeur de latin et de grec, il fonde, en 1941 après l’interdiction de revues comme Esprit, les Cahiers du Rhône. Il se chargera de faire passer en Suisse pour les publier des oeuvres comme Les Yeux d’Elsa d’Aragon et contribuera, pendant cette période troublée, à la diffusion de textes d’Eluard, Bernanos, T.S. Eliot, Mounier, Saint-John-Perse, Maritain, Cayrol o P. Emmanuel.


Il tisse ses premiers contacts avec l’art contemporain en entrant chez Skira après la guerre et en publiant des monographies sur Giacometti, Balthus, Léger ou Matisse. C’est à cette époque qu’il rencontrera André Malraux. Il travaillera un temps au Commissariat général au Tourisme dont il modernisera l’image en employant des photographes comme Brassaï, Cartier-Bresson ou Doisneau avant de rejoindre Malraux, au ministère de la Culture en 1958 pour suivre à son cabinet la mise en place des lois sur le patrimoine, la sauvegarde des monuments historiques, la valorisation du patrimoine contemporain comme la Villa Savoye.


En 1962, il prend la direction du nouveau service de la création artistique où il fonde les principaux mécanismes toujours en vigueur dans le secteur (1%, commande publique, loi sur les dations, aide à la première exposition,…). Il renforce la protection juridique et sociale des artistes (extension de la Sécurité sociale, construction d’ateliers, décret sur les œuvres originales).Il crée le Centre national des arts contemporains qui, avant le Centre Georges Pompidou, fera connaître Karal Appel, Sam Francis, Morellet, César, Vieira da Silva, Raynaud Rancillac , Morellet, Klein et tant d’autres. Il encourage les premières grandes rétrospectives de Picasso, Braque, Chagall, Miro ou Matisse et relance les grandes institutions comme Sèvres ou Les Gobelins par la commande publique à de jeunes artistes comme Zao-Wou-Ki, Rebeyrolle, les Lalanne, Debré Soulages, Hadju,…

Après son départ du ministère, il contribuera au développement d’institutions privées ou de fondations (Gleizes, Dina Vierny, Maeght, Le Corbusier). En 1976, il créera la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques et sera membre du conseil d'administration jusqu'à sa mort en 1994. La Fondation a tenu à donner son nom au centre d’art qu’elle a ouvert en 2006 à Nogent-sur-Marne, la Maison d’Art Bernard Anthonioz.