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Hôtel Salomon de Rothschild

L’Hôtel Salomon de Rothschild qui abrite le siège de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques a été édifié entre 1873 et 1882 à l'initiative de la baronne Salomon de Rothschild, sur un projet de Léon Ohnet (1813-1874) suivi à sa mort par son élève Justin Ponsard. La décoration intérieure de l'Hôtel revient au peintre Léopold Moulignon (1821-1897).

Il s'agit d'une construction néoclassique dans le goût de l'architecture de la fin du XVIIIe siècle. L'Hôtel reprend plusieurs des éléments architecturaux contenus dans d'autres résidences de la famille Rothschild, notamment la disposition du hall avec sa galerie en encorbellement, la cheminée monumentale que l'on retrouve notamment au château de Ferrières. Un travail particulier a été effectué sur les éclairages zénithaux du hall, de la galerie qui conduit à la salle à manger et du jardin d'hiver, dont les proportions modestes sont amplifiées par un jeu astucieux de miroirs. L'intérieur fut aménagé somptueusement pour accueillir les collections réunies du baron Salomon et de sa veuve : pièces de mobilier et objets d'art de la Renaissance au XVIIIe siècle, collections de porcelaines, d'art oriental, d'armes, de curiosités diverses.

De l'hôtel Salomon de Rothschild subsistent, outre les très beaux volumes d'accueil et l'escalier d'honneur, la galerie qui surplombe le hall, ornée de verdures d'Aubusson du XVIIIe siècle, un plafond signé de Bocquet, peintre des Menus-Plaisirs, récupéré de la Folie Beaujon, les vestiges de la chapelle Saint-Nicolas, la rotonde Balzac qui conserve une paire de portes de la maison de Balzac et enfin, le cabinet de curiosités.

Ce cabinet que l'on retrouvait dans d'autres demeures Rothschild abrite ce qui reste des riches collections de l'hôtel dont une importante série de vitraux du Moyen Âge et de la Renaissance d'origine suisse et allemande, une collection de jades et d'objets d'art décoratif ou de curiosité extrême-orientaux, des pièces des XVIIe et XVIIIe siècles (mobilier, objets, tableaux) ainsi qu'une collection d'armes européennes et de diverses provenances . La pièce est aménagée dans le goût et dans l'esprit de la fin du xixe siècle (boiseries sombres, cuirs de Cordoue).

Le siège de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques, l'Hôtel Salomon de Rothschild a accueilli successivement la Bibliothèque d'art et d'archéologie léguée à l'État par le couturier et collectionneur Jacques Doucet, puis le cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale. Les locaux parisiens ont aussi abrité les espaces d’expositions du Centre national d’art contemporain avant la création du Centre Pompidou en 1977, puis l’Hôtel des Arts et enfin le Centre national de la photographie jusqu’en 2004 avant qu'il ne devienne le Jeu de Paume. D’autres structures dédiées au service des artistes (Maison des artistes, ADAGP, syndicats et associations diverses) ainsi que la Fondation Albert Gleizes sont toujours hébergées au 11, rue Berryer.

En 2005, l’hôtel a été classé Monument historique et amplement rénové. Sa location a une entreprise d’évènementiel a procuré à la Fondation, depuis 2011, les moyens d’engager de nouvelles actions de soutien aux artistes et notamment de développer un fonds de mécénat.

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Rotonde Balzac, Hôtel Salomon de Rothschild

Cet édifice circulaire a été construit
en 1891 à l’angle de la rue Balzac et
de la rue Berryer, à la demande de
la baronne Salomon de Rothschild (1843-1922).
Il parachève l’ensemble immobilier édifié de 1874 à 1878 par Léon Ohnet et Justin Ponsard pour la baronne Salomon, sur l’emplacement du pavillon de la Chartreuse conçu par Nicolas Girardin pour le financier Beaujon.

Une partie de la propriété de Beaujon fut acquise par Honoré de Balzac en 1846. Balzac n’y résidera que du 21 mai 1850, date de son retour en France après son mariage avec la comtesse Hanska, au 18 août 1850, date de son décès.

Mme Hanska demeurera rue Balzac après la mort de l’écrivain. Son gendre, le comte Georges Mniszech, acquerra, en 1872, la parcelle voisine sur laquelle était édifiée la chapelle Saint-Nicolas du Roule et entreprendra de remodeler l’ensemble avec l’aide de l’architecte Eugène Monnier. La nef de la chapelle sera détruite en 1876 et les colonnes serviront de limite de propriété entre l’hôtel de Rothschild en construction et la demeure de la comtesse Hanska. Elles s’y trouvent toujours. Le comte Mniszech fera également édifier une rotonde de style Renaissance à l’angle de la rue Balzac et de la rue Berryer, vraisemblablement pour y installer sa collection de coléoptères.

Quelques mois avant sa mort en avril 1882, la veuve Balzac céda sa propriété à la baronne de Rothschild. L’ensemble fut entièrement démoli, à l’exception du chœur de la chapelle réinstallé comme une fabrique dans le nouveau jardin dessiné sur la parcelle. La rotonde Mniszech fut remplacée par l’actuelle rotonde « Balzac » pour l’aménagement de laquelle la baronne fit récupérer les boiseries conçues par Monnier pour le comte Mniszech ainsi que deux portes de marqueterie qui ornaient la chambre de Balzac.